EZPELETAR BASQUE DE NATION
Il y a 98 ans, Maître Coyola, notaire à Saint-Vincent de Tyrosse, avait eu l'amabilité de permettre de consulter quelques-unes des anciennes minutes de son étude antérieures à la Révolution. Au cours de nos investigations, nous trouvâmes ainsi un acte du 10 janvier 1764, concernant un Ezpeletar et relatif à un achat de bois fait par lui dans la région de St-Vincent.
Maire-abbé d'Espelette, cet Ezpeletar et ses descandants fixés depuis dans les Landes, ont continué dans la même voie. Or, il nous semble curieux de noter que l'acte précité le qualifiait "Basque de nation, natif et habitant de la paroisse d'Espelette en Labourd."
Dans un second acte du 1er Septembre 1772, son fils négociait à Seignosse une affaire semblable avec un certain Domingo de Halty, qualifié lui aussi, par le notaire rédacteur "Basque de nation, natif d'Espelette, habitant de la parroisse de Saubion."
Un autre document du 14 octobre 1777, nous énumérait les conditions aux-quelles Bernard Daguerre, également qualifié "Basque de nation", prenait à ferme "la tuilerie, bâtiments appartenances et dépendances appelée la tuilerie de Saubion."
Les hommes de loi de l'ancien Régime avaient également adopté cette qualification "Basque de nation".
Ils distinguaient ainsi des autres sujets du Roi les habitants du Labourd, de la Basse-Navarre et de la Soule.
Ils leur reconnaissaient une nationalité différente.
A cette même époque, ils employaient pour désigner la formule en usage à cette époque pour qualifier dans un acte les ressortissants d'un Etat étranger :
"Anglois de nation, Espagnol de nation, Portugais de nation..."
Au reste, les Basques eux-mêmes tenaient essentiellement à ne pas être confondus avec les autres populations du royaume.
Le titre seul du cahier rédigé en 1789, à Ustaritz, par l'Assemblé du Tiers-Etat le démontre.
Il n'est pas libéllé "Cahier des doléances du Tiers-Etat du Labourd", comme il eût été normal dans une autre province de France.
Il porte, au contraire, en guise de suscription : "Cahier des voeux et des instructions des Basques du Labourd pour leurs députés aux Etats-Géneraux de la nation"
Il n'était pas question de Basques en France, ni de Français en Pays Basque, mais bien de Basques en Pays Basque.
